Surmonter l’hésitation face au vaccin contre la Covid-19. Partie 2 – contrer les fake news

30 June 2021

Le chanoine Grace Kaiso, Conseiller Senior de l'Alliance Anglicane, recevant son premier vaccin contre la Covid-19 en Ouganda.

L’Alliance Anglicane travaille actuellement sur deux dimensions du déploiement du vaccin Covid-19 : le plaidoyer pour un accès mondial équitable aux vaccins et le partage d’informations pour aider à surmonter l’hésitation à se faire vacciner.

Dans la partie 1 de ces deux articles complémentaires sur la façon de surmonter l’hésitation à se faire vacciner, nous avons examiné les questions et les préoccupations courantes qui peuvent rendre les gens hésitants à se faire vacciner contre la Covid-19. Dans la deuxième partie, nous abordons certains des mythes sur les vaccins qui inondent les médias sociaux et font un mal énorme en répandant des fausses informations alarmistes.

Avant d’examiner certains des mythes courants, il convient de noter que  les fausses informations se propagent plus loin et plus vite que la vérité sur les médias sociaux  (seulement en Anglais). Une étude de 2018 a montré que, sur Twitter, « le top 1 % des cascades de fake news a diffusé auprès de 1.000 à 100.000 personnes, alors que la vérité a rarement été diffusée à plus de 1.000 personnes ». Les mensonges se diffusaient également plus rapidement que la vérité. Le degré de nouveauté et les réactions émotionnelles des destinataires peuvent être responsables des différences observées. »

Ces observations ne surprendraient pas nos ancêtres spirituels. Comme le dit Proverbes 18:8, « Les paroles du rapporteur sont comme des friandises, Elles descendent jusqu’au fond des entrailles ». Et l’auteur du livre de Jacques observe : « Il suffit d’une étincelle pour déclencher un feu de forêt. Une parole imprudente ou mal placée qui sort de votre bouche peut le faire. Par nos paroles, nous pouvons ruiner le monde » Jacques 3:5.

La diffusion de fake news sur les vaccins mine la confiance et l’adoption de ces derniers, mettant en danger des vies et des moyens de subsistance. Il est important de ne partager que des informations provenant de sources dignes de confiance et d’utiliser un site de vérification des faits (tel que Snopes ou Full Fact, seulement en Anglais) en cas de doute. L’UNICEF propose un guide très utile sur la désinformation concernant les vaccins, qui explique pourquoi les gens sont sensibles à la désinformation, pourquoi la désinformation est si difficile à éliminer, pourquoi les gens créent de la désinformation sur les vaccins et comment la gérer.

Les faits suivants, qui traitent des fausses nouvelles concernant les vaccins en général et les vaccins Covid-19 en particulier, sont tirés de l’Organisation Mondiale de la Santé (en Anglais), de l’ Association Médicale et Dentaire Chrétienne Internationale (en Anglais) et du site de vérification de faits FactCheckNI. Des liens sont fournis vers les sources et des informations complémentaires. Une sélection plus complète de mythes et de faits est fournie dans chacun des liens ci-dessus ainsi qu’ici (en Anglais) et ici (en Anglais).

Mythe : Les vaccins contre la Covid-19 n’ont pas été testés correctement. Faux.Fait : Les vaccins Covid-19 approuvés ont subi tous les tests rigoureux et indépendants de sécurité et d’efficacité requis pour tous les nouveaux médicaments dans les pays développés. Cela s’est simplement produit plus rapidement que d’habitude grâce à des niveaux de coopération et de financement sans précédent. Si quelqu’un se sent malade ou présente des complications graves après avoir été vacciné, également appelées effets indésirables, ceux-ci sont immédiatement signalés afin que la sécurité des vaccins soit vérifiée en permanence.  Pour en savoir plus, cliquez ici (en Anglais) et ici.

Mythe : les vaccins Covid-19 peuvent modifier l’ADN humain. Faux. Fait : Certains des vaccins Covid-19 (comme les vaccins Pfizer et Moderna) sont des vaccins à ARN messager. Les molécules d’ARNm ordonnent aux cellules de fabriquer la protéine de pointe du coronavirus. Cette protéine déclenche le système immunitaire de l’organisme, ce qui entraîne une immunité contre le coronavirus. L’ARNm ne peut pas se transformer en ADN, ni modifier notre ADN. Les molécules d’ARNm ne persistent pas plus de quelques heures dans l’organisme. Pour en savoir plus, cliquez ici et ici (en Anglais).

Mythe : Les vaccins contre la Covid-19 insèrent une puce électronique qui peut être utilisée pour une surveillance secrète. Faux. Fait : Cette théorie de la conspiration largement répandue est fausse. Dans cet article (en Anglais), le professeur John Wyatt explique les origines du mythe. Comme le dit l’OMS (en Anglais) « C’est techniquement impossible et cela n’a pas de sens ».

Mythe : Les vaccins contre la Covid-19 provoquent l’infertilité. Faux. Abordant cette question dans un podcast de l’OMS, le Dr Katherine O’Brien (biographie ici) a déclaré : « Les vaccins que nous administrons ne peuvent pas causer l’infertilité. C’est une rumeur qui a circulé à propos de nombreux vaccins différents et elle est fausse. Il n’y a aucun vaccin qui cause l’infertilité ».Le professeur John Wyatt (biographie ici – en Anglais) explique la base théorique de cette idée ici (en Anglais).

Mythe : les vaccins contiennent des substances chimiques nocives telles que le mercure. Faux. Le Dr. Katherine O’Brien déclare (en Anglais), « C’est un mythe. Les vaccins que nous avons sont des vaccins sûrs. Tous les composants qui entrent dans la composition des vaccins font l’objet de tests approfondis pour s’assurer que tout ce qu’ils contiennent, à la dose qu’ils contiennent, est sans danger pour l’homme. Les vaccins contiennent un certain nombre d’éléments différents et chacun d’entre eux est testé. Avant même d’être administrés à un être humain, ils sont testés sur des animaux afin de détecter tout type de problème chez l’animal. Ce n’est qu’ensuite qu’ils sont administrés à l’homme, dans le cadre d’essais cliniques, à des dizaines de milliers de personnes avant d’être autorisés à être utilisés par le grand public. Et la sécurité est la partie la plus importante de ces essais cliniques. Chaque vaccin fait l’objet d’une évaluation de sécurité pour s’assurer qu’il est sûr avant d’être utilisé par le grand public. En outre, la fabrication des vaccins fait l’objet d’une surveillance constante de la qualité afin que chaque ingrédient entrant dans la composition du vaccin soit assuré d’être de la plus haute qualité et sûr pour une utilisation chez l’homme. »

Mythe : Les vaccins contre la Covid-19 contiennent des matériaux provenant de fœtus avortés. Faux. Fait : Aucun des vaccins contre la Covid-19 ne contient de cellules provenant de fœtus avortés. Certains vaccins ont été fabriqués à partir d’une lignée cellulaire dérivée d’un fœtus avorté, mais le vaccin lui-même ne contient pas de matériel fœtal. Les vaccins à ARN messager sont fabriqués en laboratoire sans avoir recours à des cellules vivantes (bien que des lignées cellulaires aient été utilisées pour leur développement, mais là encore, le vaccin ne contient pas de matériel fœtal). La lignée cellulaire la plus couramment utilisée dans le développement et la fabrication du vaccin Covid-19 provient d’un fœtus avorté dans les années 1970. L’avortement a été pratiqué pour d’autres raisons (c’est-à-dire qu’il n’était pas destiné à la recherche sur les vaccins). La lignée cellulaire elle-même a été développée à l’origine pour la recherche sur le cancer et a été utilisée comme “mini-usine” pour la croissance et la multiplication rapides de l’adénovirus modifié utilisé dans le vaccin Covid-19. Plus d’informations ici (en Anglais) et ici (en Anglais).

En raison de l’utilisation d’une lignée cellulaire dérivée du fœtus, certaines personnes ont remis en question l’éthique des vaccins. En réponse à ces préoccupations, le Groupe de Rétablissement de la Covid-19 de l’Église d’Angleterre (en Anglais) a écrit en décembre 2020 : “Nous sommes d’accord avec les conclusions de l’Académie Pontificale pour la vie selon lesquelles la moralité de l’avortement volontaire et la moralité de l’utilisation de matériel fœtal avorté ne sont pas conjointes, de sorte que « nous croyons que tous les vaccins recommandés cliniquement peuvent être utilisés en toute conscience et que l’utilisation de ces vaccins ne signifie pas une sorte de coopération avec l’avortement volontaire ».

Le Dr Elizabeth Perry, responsable de la communication et du plaidoyer de l’Alliance Anglicane, qui est une ancienne immunologiste, déclare : « Les cellules utilisées aujourd’hui sont éloignées d’innombrables générations du matériel source. Quelle que soit l’opinion que l’on a sur leur origine, il ne fait aucun doute que ces cellules font du bien aujourd’hui. Elles ont permis le développement d’un vaccin qui sauvera des milliers de vies et protégera les gens de la perte d’êtres chers, de leurs moyens de subsistance et d’une vie normale. Pour moi, il y a quelque chose de profondément émouvant et de vivifiant dans tout cela – la joie dans la tristesse, la vie dans la mort. Refuser le vaccin sur la base d’un “manque d’éthique” ne protège en rien la vie. En fait, c’est le contraire qui se produit : une moindre utilisation du vaccin prolongera la pandémie et mettra les gens en danger. Comme dans les Écritures, Romains 13:10 il est dit que « L’amour ne fait point de mal au prochain: l’amour est donc l’accomplissement de la loi. »

 

Depuis le début de la pandémie, l’Alliance Anglicane a réuni un groupe de travail mondial sur la Covid-19 afin de surveiller les  impacts de la Covid-19 dans la Communion et les réponses des églises. Nous avons des centres sur la Covid-19 en anglaisespagnolfrançais et portugais avec un large éventail de ressources spirituelles et pratiques.